Nouvelles du noviciat


(I7)Jolanda, Rita et Zuzanna-200

Sandrine Gilles, novice salésienne belge, nous écrit de Castelgandolfo.


Vous vous demandez peut-être comment on fête les anniversaires au noviciat ? Alors voici de quoi satisfaire votre curiosité...  La veille, au mot du soir, on rappelle l’événement à la communauté. Puis, à la prière du matin, on insère une prière pour la personne fêtée … Quand on arrive au petit-déjeuner, l’intéressée trouve sa place à table décorée  (vaisselle des grandes occasions, bougies, cartes, petits cadeaux), on chante "Joyeux Anniversaire "(Tanti auguri a te) et puis c’est le grand tour des bisous et des souhaits (vingt-trois pour rappel). »

Puis dans la journée, tu découvres des petites marques d’attention de la part des personnes plus proches qui te laissent un petit mot ou un petit cadeau. Au repas de midi, en général, on sort le grand jeu. Quand on a fini de manger le plat principal arrive le moment des souhaits officiels : petit sketch, chant, poème (toujours avec une, ou plusieurs, note d’humour). Et bien sur le gâteau préparé avec amour par une de nos fées de la cuisine (du genre Zuzanna ou Bernadeth). Tout cela n’a pas manqué pour moi non plus. Mais le plus émouvant, c’est de sentir vraiment cette prière de toute la communauté qui est offerte pour toi et de découvrir ces petites marques d’attention, parfois de personnes de la part de qui on ne s’y attend pas forcément...

Les cours à l’école inter-congrégationnelle et au noviciat …

(…) Nous avons commencé les cours à l’école inter-congrégationnelle le mardi et le vendredi matin. Nous sommes plus ou moins 80 novices d’une bonne dizaine de congrégations différentes et de pays très divers également (Vietnam, Mexique, Colombie, Sénégal, Congo…) Bon évidemment, à 38, nous faisons déjà la moitié de l’assemblée, mais c’est vraiment sympathique de rencontrer les autres (outre de retrouver celles de Via Appia, l’autre noviciat de Rome). Parmi ces nouvelles connaissances, citons Marcel, novice sénégalais des Oblats de Marie Immaculée. Nous avons souvent des discussions en français pendant les intervalles. Enfin, en ce qui me concerne, je devrais dire en italo-français parce que je commence à éprouver un peu de difficulté à intégrer qu’il est possible de faire toute une conversation en français. En fait, quand je pense pour moi-même c’est assez intéressant. Voici quelques échantillons pour vous faire rire (on ne rit jamais assez) : « Oh je dois cambier de chemise » « Mince, je me suis oublié de faire ça » ou « Je dois me ricorder de le faire » Il y en a encore d’autres, mais « je me les suis oubliés » ;-) Bref, si j’écris des trucs un peu bizarres, cherchez dans un dictionnaire italien.
Sinon, j’ai aussi sympathisé avec trois novices des Apostolines (Missionnaires de Marie Reine des Apôtres, enfin je crois) : deux italiennes et une polonaise. Les cours sont plus ou moins intéressants selon les sujets et les orateurs (rien de nouveau sous le soleil). Pour vous donner une idée : nous avons eu 12 heures sur « L’amitié et l’affectivité dans la vie religieuse », 10 sur « Le noviciat dans le droit canon » (ça c’était proprement soporifique), 12 heures de christologie (trop beau !), 12 heures sur les psaumes (aussi vraiment passionnant) et nous avons commencé ce mardi « Psychopédagogie des vœux ».
Nous avons aussi commencé les cours le mercredi matin à Via Appia. Nous avons deux heures sur la catéchèse avec Sr Lorenzina, une sœur qui a travaillé dans le domaine pour je ne sais plus quel bureau des évêques ou du Vatican et deux heures de Spiritualité salésienne avec Sr Anita Deleidi, spécialiste en la matière qui enseigne à l’Auxilium (université des FMA à Rome). C’est la partie que je préfère (et ce que je travaille le plus dans les temps d’étude). Sinon, les autres jours, on a continué les cours avec Sr Josefa et Sr Gemma. (Et je brûle un peu les étapes chronologiques : depuis le mois de novembre nous avons deux heures d’Histoire de l’Eglise avec Sr Gemma le lundi matin et deux heures de Pastorale des Jeunes le jeudi matin avec Sr Mara Borsi, qui travaille dans le domaine au niveau central).

A l’oratoire de Tor Bella Monaca

(…) Nous avons commencé nous aussi notre mission apostolique. Moi je vais à l’oratoire de Tor Bella Monaca (un quartier de banlieue au sens parisien du terme). J’y suis allée pour tout le mois d’octobre le jeudi après-midi avec Flavia et Gill. Puis, quand les autres sont retournées, j’ai changé de jour et maintenant j’y vais le samedi après-midi avec Nicoletta et Jolanta. Et aussi le dimanche matin une semaine sur deux. Au début, c’était vraiment difficile parce que non seulement il faut le temps de comprendre où tu es tombée et comment ça fonctionne, mais il y a aussi la langue… Mais, globalement, je suis assez contente de comment ça se passe. Ah oui, peut-être que je n’ai pas encore expliqué à certains ce qu’est l’Oratoire.
Pour le faire en bref, disons que c’est une structure qui accueille les enfants et les jeunes toute la semaine en dehors des heures scolaires pour les devoirs, le jeu et aussi (enfin on essaie) la formation chrétienne. A Tor Bella Monaca, il est tenu par une communauté de trois sœurs dans une paroisse. Les sœurs vivent dans un petit appartement qu’elles louent dans le quartier et travaillent à mi-temps dans des écoles du coin. A l’oratoire, il y a deux centres diurnes (selon les tranches d’âge) qui accueillent chacun une dizaine de jeunes tout de suite après l’école et jusqu’au soir (aussi le samedi) parce qu’ils vivent dans un milieu familial difficile. En pratique ils ne retournent  à la maison que pour dormir. Puis, il y a l’oratoire proprement dit où les jeunes viennent ou ne viennent pas selon les circonstances. Il y a plein d’activités organisées (foot, danse, chorale…) et le jeu libre dans la cour. Il reste ouvert de 17h (voire plus tôt certains jours) à 22h30 et le dimanche matin de 11h à 12h30.
Le samedi, avec quelques salésiens qui viennent aussi pour aider, nous avons lancé des tournois de foot et de volley. Enfin, pour être précise, ils organisent et nous aidons… Nicoletta (la seule italienne du trio) accompagne un groupe formatif (des jeunes qui se réunissent avec un animateur pour une réflexion chrétienne). Avec Jolanta, nous sommes disponibles pour aider au tournoi ou jouer avec les enfants qui ne participent pas. C’est très différent d’une semaine à l’autre parce qu’il y a des samedi où nous avons seulement trois pelés et deux tondus et d’autres ou il y a 40/50 jeunes. Enfin, voilà comme ça vous avez une idée…

Quelques jours de retraite très bénéfiques


Un fait important, ce fut nos quatre jours de retraite à Rocca di Papa. Nous nous sommes retrouvées à 38 (c.-à-d. avec les novices de l’autre noviciat de Rome) plus les deux maitresses des novices. Le thème : le discernement. Ce fut vraiment un  moment fort. Quelques jours hors de toute activité pour me retrouver moi-même sous le regard de Dieu. Le salésien qui nous a accompagnées était vraiment excellent, d’une clarté, d’une profondeur, d’une délicatesse et d’une disponibilité rares. Il nous donnait deux conférences chaque jour sans compter une série d’entretiens particuliers, vu qu’on est au moins trente à lui avoir demandé. (Quand je parlais de disponibilité !) Bref, cela m’a fait beaucoup de bien. Rien de tel qu’un break spirituel de quelques jours pour reprendre les activités avec sérénité…



On ne s’ennuie vraiment pas !...

Le mercredi après-midi, sœur Lorenzina nous a emmené visiter l’église de Santa Maria in Trastevere, une des plus anciennes de Rome et une vraie merveille artistique. Le dimanche, nous nous sommes rendues à la Casa Generalizia pour présenter nos vœux à Mère Générale et au Conseil. Nous devions préparer quelque chose les deux noviciats ensemble : un chant, une danse et un petit mot très sérieux… Quand on a eu fini, nous avons du venir une à une au micro pour dire notre nom et notre province d’origine. Pour ma part, cela me gène toujours un peu ce genre d’exercice, mais bon c’est la vie… (Il faut dire qu’il y avait un peu de sœurs dans la salle.) Puis la Mère nous a retourné les vœux en nous disant un tas de choses très profondes que je ne rapporterai pas ici. Quel plaisir d’entendre enfin quelqu’un qui parle comme moi ! Et puis, surtout, déjà pendant que nous étions « sous les feux de la rampe », j’avais remarqué dans le fond à gauche une figure connue et attendue (vu que je savais qu’elle était arrivée à Rome deux jours plus tot) : sœur Albertine ! Bien sur, dès que j’ai pu je suis allée la saluer et elle m’a apporté de Belgique son grand sourire et toute l’affection de mes sœurs concrétisée en petits mots plein de tendresse et d’encouragements. Merci à toutes ;-) (Donc pour ceux qui ne la connaissent pas, je résume : sœur Albertine est congolaise, elle vit en Belgique, dans la communauté de Louvain-la-Neuve, depuis deux ou trois ans, car elle fait un doctorat à l’Auxilium – Université des Salésiennes à Rome – qui nécessite des recherches auprès de l’UCL et de la KUL, à ce titre elle séjourne aussi régulièrement à Rome.)

Cette fois, je vous fais des gros bisous définitifs (pour ce roman-ci). Je ne vous oublie pas, vous pouvez compter sur mes prières (en particulier ceux qui me confient l’une ou l’autre chose). A un de ces jours (dans mes bonnes résolutions, il y a écrire plus souvent et moins long, on va voir…), Sandrine

 

PS: Pour lire les nouvelles précédentes sur l'entrée au noviciat de Sandrine,  lisez ici