Une journée avec Sœur Michèle


Tem.Michele4-200Sœur Michèle vit à l’internat Don Bosco de Ganshoren. Cette maison, située dans un coin vert de Bruxelles, accueille une centaine d’enfants et de jeunes. Ils sont de nationalités diverses et fréquentent environ quarante écoles différentes ! La communauté, composée de six sœurs, a choisi de vivre au cœur de la maison, entièrement consacrée à l’éducation de ces jeunes …
Le réveil sonne. Le temps de se préparer, Michèle rejoint la communauté pour le petit déjeuner. La veilleuse de nuit est prête à s’en aller. A table, on commente allègrement les derniers événements, une façon de commencer la journée dans la bonne humeur !… Les éducateurs arrivent. Comme eux, Sœur Michèle va réveiller un groupe, celui des garçons de 15-18 ans. Il s’agit de frapper très fort à la porte de la chambre de l’un, de suggérer à un autre de mettre sa musique : elle est sûre alors qu’il se lèvera !…

Elle reste avec eux, dans le réfectoire de leur groupe, jusqu’à ce qu’ils partent à l’école… C’est le moment d’en encourager un qui stresse pour son interro, d’être proche d’eux, de parler de tout et de rien ou parfois de choses bien profondes !


A 7h45 , toute la communauté se retrouve à la chapelle pour ¾ heure de méditation. « On tient beaucoup àmaintenir coûte que coûte ce temps très important de la journée, explique-t-elle, même si très souvent il y aurait mille raisons de le raccourcir !» En début de méditation, on entend les voix énergiques des derniers jeunes qui s’en vont, parfois modérées de « Chut, ‘y a les sœurs qui prient ! »


A 8h30, c’est la prière des laudes suivie de l’eucharistie en paroisse ou dans la communauté des sœurs aînées. Parfois, les laudes sont remplacées par un partage d’évangile, ponctué par des visages et des situations bien concrètes, vu tout le vécu qu’il y a déjà eu depuis le lever !

Quand la communauté revient de la messe, Sœur Michèle n’a pas le temps d’enlever sa veste : toute une série de messages l’attendent déjà : un directeur d’école et des parents demandent qu’elle les appelle, un éducateur demande qu’on vienne chercher un enfant malade, la Providence offre des rideaux, mais il faut aller les chercher avant demain à telle adresse!… Ensuite, après avoir donné les directives au personnel de cuisine et d’entretien, Michèle prépare les activités du soir, d’un week-end ou d’un camp à venir… « Proposer à des enfants qui habitent en ville des activités qui leur permettent de se divertir, de découvrir la nature et qui leur montrent un visage du Christ qui les aime, ça m’enthousiasme beaucoup ! »



Le repas réunit la communauté et les bénévoles… Michèle aime beaucoup ce moment généralement très joyeux. « Les jeunes de passage sont toujours frappés de voir que ‘les sœurs, ça aime s’amuser’ ! » Ensuite, la communauté prend un quart d’heure de prière silencieuse à la chapelle. « La lumière de la Parole priée le matin permet de réorienter nos énergies pour l’après-midi qui commence. François de Sales invitait à relire, au cours de la journée, ce que nous sommes en train de vivre avec le Seigneur et avec les autres… Nous prions aussi spécialement pour les vocations à ce moment. Nous prions aussi le chapelet ensemble, mais le moment varie d’un jour à l’autre. Si je ne peux être présente, je le récite personnellement au cœur des activités, je dis par exemple un Je vous salue Marie avant de donner un coup de fil délicat !… »


« Le mercredi, les jeunes reviennent vers midi et participent à différents ateliers : danse, basket, foot, chant … Les autres jours, ils reviennent pour 16 h. Chaque jeudi après-midi, c’est le temps sacro-saint de notre réunion communautaire : partage de la Parole de Dieu, échanges, programmation … Ce lieu de parole est très important pour nous, précise Michèle, ainsi que les moments de rencontre personnelle avec la responsable de la communauté ».


Après le goûter, pendant l’étude, après avoir accueilli les bénévoles de l’école des devoirs, Michèle fait le tour des groupes. Elle s’assure que tout se passe bien chez un nouvel éducateur, fait passer un message… Elle prend aussi une dizaine de jeunes pour un temps de catéchisme. Il y a en tout une trentaine d’enfants et de jeunes qui se préparent à recevoir un sacrement et une bonne vingtaine d’adolescents qui participent chaque semaine au temps de prière qu’elle ou une autre personne anime. « Pouvoir évangéliser en éduquant et éduquer en évangélisant, c’est vraiment une richesse qu’offre la vie à l’internat ! Mon souhait, c’est d’essayer de les éveiller à une expérience concrète de la prière et de leur transmettre de solides contenus de foi. Quand on ose leur faire des propositions fortes, on découvre qu’ils sont beaucoup plus ouverts qu’on ne le croirait ! Ils se sentent bien accueillis dans notre chapelle et sont toujours très surpris quand ils entendent qu’on prie pour eux !»

Après le souper et une activité ou l’autre avec un groupe d’enfants, Michèle essaie de regarder le journal télévisé. Ensuite, la communauté se retrouve pour un moment de fraternité et ça fuse dans tous les sens comme un feu d’artifice : chacune raconte ce qu’elle a vécu avec les enfants, les jeunes, les éducateurs, les bénévoles ! Chaque journée grouille d’événements joyeux et douloureux et cela fait du bien de pouvoir en parler. La journée se termine par le mot du soir et un temps de prière …

« Les éducateurs partent entre 21h30 et 22 h et nous partagent un fait ou l’autre quand nous sortons de la chapelle, poursuit Sœur Michèle. Tous ces échanges sont la force de la maison et nous permettent une bonne connaissance des jeunes et donc un meilleur accompagnement… La convergence des attitudes éducatives des sœurs et des éducateurs impressionne les jeunes, souvent peu habitués à tant de cohérence… Chez nous, tout tourne autour de la vie de prière, de la vie de communauté et des nécessités des jeunes. Je trouve que cela forme un équilibre très harmonieux ! Nous veillons aussi à prendre un WE au vert de temps en temps, à aller marcher dans les bois … ou en montagne en été ! En tout cas, la vie de tous les jours, faite d’écoute continuelle, me plait beaucoup. Quand la nuit commence, j’aime reprendre avec le Seigneur le tissu de la journée, avec l’évangile du jour et celui du lendemain : il me montre où il était présent dans celle qui s’est écoulée et me dynamise déjà pour celle du lendemain !… »