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Géraldine, tout juste rentrée du Mexique !

Géraldine était depuis décembre au Mexique, dans le Chiapas, dans le cadre du volontariat Vidès . Elle vient de rentrer au pays, ce 14 juillet. Voici quelques-unes de ses nouvelles, après celles de Davide en Bolivie (cliquer ici) et celles de Nathalia au Congo (cliquer ici)…
« (…) Je donne cours d’anglais aux deuxième et troisième maternelle, première et deuxième primaire ; cours de flute à bec aux mêmes ; cours d’informatique aux mêmes et cours d’activité motrice aux première primaire.
Le vendredi, je dois animer tous les enfants de l’école (plus ou moins 70) de 12h à 13h. Ca fait du boulot !! L’après-m’, je suis souvent avec les filles de l’internat et j’organise une activité danse, une activité bricolage, et un cours d’informatique par semaine. Pour l’instant, j’ai mes après-m’ libres puisque l’internat commence lundi prochain. L’école a commencé jeudi mais puisqu’il pleut et qu’il fait froid, les enfants ne viennent pas à l’école. Et en plus, beaucoup d’écoles ont suspendu les cours pour deux jours, donc ils pensent que eux non plus n’ont pas cours. Ici, c’est vraiment fou comme une fois qu’il pleut, personne ne vient aux réunions, parfois ils ne font même pas de messe, les gens ne vont pas à l’école. (…) Les gens sont archi pauvres. Ils n’ont pas de rêve qui leur permettrait d’avancer et d’essayer de changer les choses. Ce qu’il y a aussi, c’est que le problème des « borracho » est partout ! C’est comme ça qu’on appelle les saouls … Il y a aussi le gouvernement qui leur donne beaucoup trop, selon les sœurs. Déjà deux fois depuis que je suis là, des gens du gouvernement viennent sur la place publique et les femmes font la file avec leur enfants, ils le pèsent et en fonction du poids, donnent des vivres. Mais ce n’est pas toujours pour les petits, il y a aussi des jours où ils donnent pour les vieux. Bref, certains revendent ces vivres pour pouvoir acheter des cerveza,… Mais surtout, ces gens ont l’habitude que la Providence et le gouvernement leur apportent tout. Ils ne vont donc pas travailler. Il y a une sœur de Tuxtla qui a dit « le gouvernement met du pain dans la bouche des indigènes pour éviter qu’ils crient et se révoltent ».
L’espoir est dans l’école
Ce tableau est assez noir mais c’est fou. C’est pour ça que l’espoir est dans l’école, pour qu’ils changent petit à petit cette mentalité. Quand les parents collaborent avec l’école, alors l’enfant est tout de suite mieux, on voit vraiment parmi les élèves ceux qui sont biens. Quand on est revenu de Santa Lucia, de nuit, il y avait avec nous une muchacha de genre 23 ans, une petite fille de 10 ans puis un petit garçon. Giorgio connaissait plus ou moins cette fille, donc il commence a tapé la causette « c’est ton petit frère? » « Non, c’est mon fils, il a 5 ans » OK. « Tu l’as adopté ? » (…) « non, ils me l’ont donné, à 4 mois. ». C’est comme ça ici, quand les parents ne veulent pas de leur enfant, ils le donnent. Ou parfois, c’est la sœur ou la gd-mère qui est forcée de s’en charger puisque les parents partent avec un ou une autre… Cette fille vit donc avec son fils de 5 ans, sa petite sœur qui va à l’école dans le centre (parce que ses parents habitent Santa Lucia), et son mari travaille loin et revient tous les mois et lui rapporte de l’argent (ce qu’il n’utilise pas pour boire)….
Deux mondes se côtoient …
Vendredi samedi dimanche, les sœurs avaient un cours à Tuxtla : vendredi soir, on est donc partis pour Tuxtla avec la camioneta, on les a déposées à « el albergue » puis Giorgio et moi avons été dans le centre de Tuxtla. Là, on devait faire quelques courses. On était pépères, Giorgio m’expliquait tout plein de trucs sur Tuxtla et me faisait visiter. C’était une chouette après-m’. Le soir, j’ai été au parc de la Marimba. On a été boire un café avec l’ingénieur et d’autres. C’était bizarre de prendre un café dans un vrai café avec plein de gens, des fauteuils, de la musique ! D’habitude, ici, quand on nous invite à boire un café, c’est dans la maison, ouverte à tout vent, sur la table qui est un des seuls meubles, dans des tasses cabossées que la señora apporte. C’était bizarre, comme si il y avait deux mondes ! Puis, dodo à Villa Mornese (autre maison de sœurs salésiennes à Tuxtla, très grand internat pour jeunes filles qui étudient leur prépa, et qui souvent travaillent aussi en même temps dans le centre pour gagner du diñero). A part ça, je continue à manger des fruits dont je n’avais jamais entendu parler avant, des cactus, des scampis non pellés, des tortillas, des chayotes, des papayes,… J’suis plus ou moins habituée à mon cadre…
Des thèmes éducatifs pour le mois de Don Bosco
- 25 janvier 2010 : Ici, c’est le mois de Don Bosco, toutes les sœurs ont préparé un thème et elles les donnent aux responsables de chaque communauté pour que après ceux-ci les donnent aux communautés. Sr Lupita donne aussi un thème par jour à ses enfants du catéchisme ici, à Casa Maïn. A côté de ça, il y a aussi les jeux : ce vendredi, samedi et dimanche, il y a un tournoi de basket, de foot et de jsais plus quoi. Trois catégorie : niños, adolescentes y jóvenes. Il y a eu aussi un jour avec les enfants de l’école et leurs parents (ceux qui sont venus ! Il y en avait quand même beaucoup !) où les sœurs ont fait des stand d’animations avec des jeux, tout en donnant ces thèmes de Don Bosco préparés (style Don Bosco et les laics, Don Bosco et la Virgen Maria,… Mais ils ne sont pas donnés de manière théorique, c’est plus pour faire un parallélisme avec la vie de ces parents, de ces enfants et pour leur donner des conseils de vie responsable, avec les valeurs catholiques et humaines). Tout ça se passe à San Fransisco, communauté à 15min de marche, où les sœurs ont une « maison » et un gd terrain de jeux, dans un beau cadre vert. Ici, je crois que je vous l’ai déjà dit, la nature est super belle. Quand il fait beau bien sûr ! Mais quand il fait super beau, c’est chaud hein ! Hier, il faisait encore beau et Giorgio, mon cher guide du chiapas, m’a emmené à la cascade d’Ocotepec ! Trop magnifique ! On a marché pendant 20 min, dans des mini sentiers, traversant plein de ruisseaux, de prairies de vaches etc… Puis on est arrivé à la cascade. Apparemment, avec les internes, ils y viennent de temps en temps et elles se baignent sous cette cascade gelante et forte puisque haute ! J’me sentais trop en Suisse, au milieu des montagnes, avec une super belle végétation. Il y a beaucoup d’arbres qui ont des « parasites », des plantes qui grimpent dans ces arbres et ces plantes sont apparemment superbes, de la famille des orchidées (valent une fortune en Europe selon Giorgio), on ira voir en mai. Pour ce qui est de la vie avec les internes, au début c’était un peu difficile puisqu’elles parlent tjrs zoque entre elles (…) … Bref, maintenant c’est cool parce que j’commence à créer une relation avec elles, je raccourcis les cours de danses pour parler avec elles, leurs demander leurs rêves, leur poser des questions sur leur vie, elles m’apprennent le zoque aussi. Ca me semble beaucoup plus important avant de commencer ces cours puisque de toute façon, si je ne fais pas ça pour qu’elles voient que je m’intéresse à elles et que je veux leur bien et que je veux aussi me marrer et jouer avec elles, je pourrais toujours danser sur ma tête pour obtenir quelque chose d’elles puisqu’elles ont l’habitude de faire « ce qu’elles veulent, comme elles veulent ». Faut que je gagne leur confiance pour pouvoir un peu participer à leur éducation. Avec le groupe des jeunes du centre, c’est super chouette, même si ça va me demander du boulot ! C’est assez bizarre puisque mes élèves de danse sont, entre autres, les maestra de l’école ! Sauf que là, elles ne sont plus « maestra » mais « jeunes », alors elles arrivent en talons, maquillées, haha ! C’est hyper drôle parce que, même s’ils ont de 18 à 28 ans, les filles et les garçons ne se mélangent pas, c’est abuser ! haha Quand une fille va parler au garçon, elle est toute gênée et tour ! Je donne donc cours de danse à ceux qui veulent. Les autres apprennent la batterie, le piano ou la guitare. Moi, j’apprends à jouer à la guitare aussi avec eux, et avec sr Socco, responsable du groupe des jeunes, c’est la sœur avec qui je me marre le plus, c’est ma sœur d’ici : ah oui parce que j’ai toute ma famille, Sr José c’est ma maman, Giorgio c’est mon abuelito, Sr Lolita c’est ma tante, Sr Socco c’est ma sœur, Sr Lupita, c’est ma gd-mère, bref !... A part ça : Il n’y a plus de gaz, donc fini les douches chaudes ! aaaah Pas évident quand on est habitués à un luxe de ne plus l’avoir. Si je n’en avais pas eu dès le début, je m’y serai habitué, mais là !
« Pascua para niños », « pascua para adolescentes », « pascua juvenil » !...
- 10 mars 2010 : Il s’est passé plein de choses ici depuis le dernier mail. Premièrement, c’est le carême et on ne parle que de la préparation de la semaine sainte ! Parce qu’ici ça va être énorme. Il y a une « pascua para niños », une « pascua para adolescentes », une « pascua juvenil » (j’suis dans le groupe des organisateurs) et une « pascua familial » pour les couples. Pour les petits c’est pendant 3 jours, mais pour les jeunes, ça commence le dimanche et ça dure une semaine. Il y a plus ou moins 250 jeunes qui viennent chaque année. Pendant toute l’année, ils ne s’approchent pas de l’église mais là ils viennent en masse. Et encore, ce ne sont que ceux du centre et des 4 « barrio » autour. Parce que dans les communautés lointaines, il y a des groupes de missionnaires, jeunes, sœurs, prêtres,… qui vont là-bas pour donner les « tema ». En fait, la pascua juvenil, ça se fait dans tout le pays. Cette année le thème c’est « Avec Jésus, mes droits me dignifient » je ne sais pas si c’est une bonne traduction mais bon. Chaque jour, un thème est donné sur un droit. C’est donc dans tout le pays et il y a une emblème, un hymne et tout un disque qui est fait,… Chaque jour ils se mettent par groupes, un thème est donné, il y a un moment de prière puis en plus ils font tous les trucs correspondant à chaque jour (rameaux, lavement des pieds, chemin de croix le vendredi,…). Aussi, j’ai été au Guatemala pour mon visa ce we avec Isabelle, la volontaire Vidès française. On s’est super bien entendue et ça nous a fait du bien à toutes les deux. C’était super court et avec ces longs trajets, il n’y a pas moyen de visiter grand chose en 3 jours… Mais on a senti un peu le Guatemala, qui est très différent du Mexique ! On se sentait plus à l’aise, plus « chez nous » une fois qu’on a repassé la frontière ! Maintenant, j’ai mon visa, parfait. Il y a aussi deux volontaires Belges flamandes à Tuxtla qui sont arrivées mi février. Je les ai rencontrées à la réunion des volontaires avec Sr Alejandra (Sœur de Mexico, responsable du Vides Mexico) à Copainala, le 27 février. Elles sont très sympas. -13 avril : Dimanche 28, dimanche des rameaux, la pascua juvenil a commencé ! ouyéééé c’était trop bien. (…) On était genre 350 jeunes à la pascua !!!! comme ça vous vous faites une idée ! Puis il y avait genre 100 adolescents et 200 niños dans les deux autres pascua. Lavement des pieds, « via crusis » (chemin de croix) dans le pueblo… Samedi, Paseo avec tous les jeunes au rio de la communauté de San Jose. On est parti à 9h du mat’ à marcher dans ces superbes montagnes, tout un troupeau de jeunes. Puis dans le ruisseau, tout le monde se met dedans tout habillés y vamonos ! Batailles d’eau et tout : c’était génial. Il faisait trop beau. On mange là, puis tournoi de foot, puis on rentre le soir à la capitale ! Samedi soir, messe hyyyyyper longue, puis re « ambiantación » jusque minuit mais cette fois dans le parc ! C’était drôle parce que c’était le dernier soir alors on profitait à fond, et on connaissait à bien se connaître. Voili voilou, c’était la pascua ! »
Géraldine
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