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Nathalia, heureuse instit’ au Congo !
Nathalia est depuis décembre en RDC, à Lubumbashi, dans le cadre du volontariat Vidès. Voici quelques-unes de ses nouvelles.« (…) Voilà le temps qui s’écoule … sans nouvelle de moi à vous. Le temps. Je le savais différent d’un pays à l’autre. Je le croyais plus élastique au Congo mais voilà : il n’y a toujours que 24 heures dans une journée, même au Congo ! (…)
Je suis comblée par ma classe ! «Ce sont des filles de 4ème année à qui tu vas donner cours de français », voilà ce qu’on m’avait dit. Le premier jour, je leur demande d’écrire leur nom au tableau ; mission impossible pour la plupart d’entre elles ! Je rectifie donc : j’apprends à lire et à écrire à 14 filles qui ont réussi à passer jusqu’en 4ème sans savoir écrire leur propre prénom ! 
Je me réveille chaque matin heureuse de pouvoir enseigner à mes chères élèves. Ensemble, nous surmontons les difficultés et ça fait chaud au cœur quand j’écris au tableau tous les mots qu’elles savent déjà lire ! La réalité est assez différente de la Belgique, même si une très grande partie du programme est calquée sur celui de la Belgique. Ici, le règlement d’ordre intérieur dit que je dois confisquer les chaussures aux filles qui parlent le swahili. Lorsque j’appelle les parents pour parler du mauvais comportement de leur enfant, ils me suggèrent de frapper l’enfant avec le balai. Lorsque les enfants n’ont pas payé le mois, l’école ne les accepte plus. Vous l’aurez compris, la réalité est tout autre. Je m’y fais.
Il y a quelques semaines, nous mangions chaque jour une mangue. Maintenant, c’est la saison des avocats, avec du sucre, c’est délicieux ! Le parapluie est un outil très précieux : on l’utilise pour se protéger de la pluie ou du soleil. Je deviens experte pour tuer les moustiques et je commence à m’habituer à devoir écarter quelques cafards lorsque je veux prendre un ustensile de cuisine dans le tiroir. J’aime me promener en rue … quelques africains me suivent et nous parlons ensemble : c’est l’occasion de casser les stéréotypes qu’ils ont sur les blancs. Il y a du travail. Je me réjouis chaque fois que je dois acheter quelque chose : c’est le moment de discuter du prix. J’aime ce jeu. Les congolais font ça avec humour et c’est chaque fois un réel plaisir !
Les enfants savent s’amuser avec peu de choses. Aujourd’hui encore, j’ai souri quand un enfant est venu près de moi me montrer le jouet qu’il s’était construit avec des matériaux de récupération : un très beau camion. Nous avons passé une belle fête de Don Bosco : quelques petits jeux et l’enfant reçoit des tickets qu’il peut échanger contre un cahier, un crayon … quelle joie ! Lors de la fête du carnaval, les sœurs et moi, nous nous sommes déguisées et avons dansé avec les internes : j’avais mal au ventre tellement j’avais ri !!! Le 8 mars, c’est la journée de la femme et ici, c’est une grande fête. Les enseignantes se sont mises d’accord : nous avons acheté le même tissu de pagne et allons chacune faire confectionner un ensemble que nous porterons le jour J. (…)! 
Je vous embrasse tous bien fort, Nathy »
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